Eh oui… Ça va vite, très vite et le mouvement s’accélère même. Voici des années que nous évoquons la digitalisation (presque) complète de notre profession, avec des investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA), à mesure du désinvestissement dans les équipes et locaux. Certains, malgré tout peu nombreux, imaginaient sans doute que nous extrapolions un peu ou leur décrivions un horizon à deux, trois ou quatre décennies. A ceux-là, comme à tous, nous conseillons vivement de prendre leur temps pour lire attentivement l’article relevé sur ZDNET, une référence en la matière. On notera au passage deux expressions qui font sont apparition et qui, en quelque sorte, désignent nos nouveaux collègues : “l’agent IA” et “l’IA agentique”.(NDLR)

Adecco répartit désormais les tâches entre humains et agents IA
La montée en puissance de l’IA générative fait naître des unions improbables. Leader mondial des solutions de ressources humaines, Adecco s’associe au géant américain du CRM Salesforce pour créer une entité commune. Cette nouvelle société, dont on ne connaît pas encore le nom ni l’investissement consenti, aura vocation à aider les entreprises à faire travailler ensemble leurs employés avec des agents d’intelligence artificielle.
« La raison d’être de cette nouvelle entreprise est de renforcer et déployer tout le potentiel des travailleurs avec l’IA, déclare Denis Machuel, PDG de The Adecco Group dans un communiqué. L’adoption de l’IA ouvre la voie à des résultats durables, mais seulement si la collaboration entre les personnes et les agents est encadrée. Cette nouvelle entreprise va accélérer la prise de décision en matière de planning d’effectifs et optimiser la répartition des tâches entre les personnes et l’IA. »
En s’appuyant sur l’expertise d’Adecco dans le domaine du travail temporaire, du recrutement ou de la prestation de services dans l’ingénierie et sur Agentforce, la plateforme d’IA agentique de Salesforce, les deux partenaires aideront les entreprise à « déployer et piloter, à grande échelle, des collaborateurs et des agents IA. »
Gérer des ressources en temps réel
La répartition des tâches entre travailleurs et agents digitaux sera pilotée par la donnée. La nouvelle entreprise a vocation à « gérer les ressources en temps réel » mais aussi à simuler des organisations hybrides, associant humains et agents IA, lors des pics d’activité, des fusions-acquisitions ou des plans de transformation.
Elle commercialisera « une suite complète de services intégrés aux outils que les entreprises utilisent déjà au quotidien, notamment des agents accessibles via les produits Salesforce comme Slack ». Les entreprises clients se verront également proposer AgentExchange, la nouvelle place de marché de Salesforce centralisant des agents IA prêts à l’emploi.
Après avoir signé un accord avec Microsoft dans le domaine de l’IA générative, Adecco s’est tourné plus récemment vers Salesforce. Le groupe, dont le siège est situé à Zurich, expérimente AgentForce depuis plusieurs mois pour ses besoins propres qu’il s’agisse d’analyser les CV côté recruteurs ou de proposer des opportunités professionnelles personnalisées aux candidats.
Salesforce fait le pari de l’IA agentique
Pour sa part, Salesforce a très clairement pris le tournant de l’IA agentique depuis quelques mois. « Après les chatbots et les copilotes, les agents autonomes, qui s’apparentent à une « main-d’œuvre numérique », marquent l’arrivée de la troisième vague de l’IA générative », estime l’éditeur américain dans une récente étude menée avec OpinionWay.
Salesforce met en avant la capacité des agents autonomes à « exécuter des tâches complexes en interaction avec leur environnement », mais aussi « à collaborer main dans la main avec les salariés ».
« Connectés aux données des entreprises et disposant d’un moteur de raisonnement qui simule le raisonnement humain », les agents IA offrent des gains de productivité en automatisant des processus métiers.
Les dirigeants français séduits par cette main-d’œuvre virtuelle
Pour appuyer son propos, Salesforce communique sur les chiffres tirés du sondage mené par OpinionWay.
- 73 % des dirigeants d’entreprises françaises interrogés ont déjà adopté ou portent un intérêt certain pour les agents autonomes.
- 84 % de ces décideurs voient les agents comme « un levier pour fiabiliser leurs processus et réduire les erreurs humaines ».
Alors que l’IA agentique fait planer des menaces sur l’emploi, 90 % des sondés pensent au contraire que « les agents vont permettre aux salariés d’évoluer vers des rôles plus stratégiques et de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée » (Nos concitoyens sont décidément de braves bougres NDLR). Mieux, 91 % d’entre eux espèrent une réduction de la pénibilité des tâches physiques et répétitives. Bref, des collègues virtuels qui font le sale boulot à votre boulot mais sans vous remplacer. On n’est pas obligé de croire à cette vision idéale.
Source : ZDNET