Les nouvelles mesures d’assurance chômage en vigueur depuis le 1er avril dernier n’ont rien d’un poisson d’avril et confirment qu’à l’avenir, selon l’adage, il vaudra infiniment mieux être jeune, riche et en bonne santé que vieux, pauvre et malade. Elles toucheront aussi bien les chômeurs actuels que ceux qui s’ignorent encore. Précisons que les promoteurs de l’accord n’ont à aucun moment fait mystère de la directive gouvernementale de trouver à tout prix 400 millions d’euros d’économie dans la poche des demandeurs d’emploi. Précisons également que l’accord a été adopté grâce aux signatures du patronat et de trois syndicats : CFDT, CFTC, FO.

Depuis cette date du 1er avril, le montant de l’allocation ne dépendra plus du nombre de jours du mois indemnisé mais d’une base fixe et arbitraire arrêtée à 30 jours par mois pour les 12 mois de l’année. Ce petit grappillage mesquin supprime, mine de rien, 5 à 6 jours d’indemnisation par an, ce qui représente quand même, au strict minimum, 159,85 € de manque à percevoir si l’on prend en compte l’allocation minimale journalière de 31,97 euros. Inutile de faire un dessin pour les rémunérations nettement plus élevées…

Les seniors paient le prix fort de cette réforme

Dans un pays au vieillissement démographique incontestable, il convenait de taper en priorité… sur les seniors dont on sait pourtant qu’ils peinent davantage à retrouver un emploi et stagnent donc plus longtemps sur le marché de l’emploi, comme le prouvent l’ensemble des statistiques sur le sujet. Ainsi, les allocataires de 53 et 54 ans ne bénéficieront-ils plus que de 18 mois d’indemnisations, comme l’ensemble des demandeurs d’emploi, contre 22,5 auparavant. Il leur faudra maintenant attendra l’âge de 55 ans pour retrouver une couverture de 22,5 mois et 57 ans pour un plafond de 27 mois d’indemnisation.

Il sera toutefois possible de bénéficier d’un décalage progressif (jusqu’à 64 ans, en 2030) de l’âge à partir duquel il est possible de demander le maintien de l’allocation, même si le plafond de 27 mois a été atteint, ceci afin de pouvoir atteindre les conditions de liquidation d’une retraite à taux plein.demander la prorogation de l’indemnisation.

Mais attention, pour bénéficier de cette mesure extensive, il faudra être en cours d’indemnisation au moment de la demande de prorogation des droits, soit aujourd’hui 62 ans, puis progressivement par palier de trois mois supplémentaire selon la génération concernée. Et jusqu’à atteindre la barre des 64 ans pour les générations nées à partir de 1968. En clair, ces derniers devront obligatoirement être au chômage indemnisé jusqu’à l’âge de 64 ans pour espérer le maintien de leur allocation jusqu’à leur taux plein.

En bref, il s’agit de mesures régressives en rapport avec l’état des finances publiques et la gestion financière des dépenses sociales mais en décalage complet à la fois avec le vieillissement de la population, les réalités du marché de l’emploi et notamment des difficultés des salariés les plus âgés à se maintenir ou à revenir dans l’emploi. Dommage que pareille énergie et volonté gestionnaire pour récupérer moins d’un demi-milliard sur le dos des chômeurs ne soient pas mises au service de la récupération de milliards et même de dizaines de milliards d’euros dilapidés par ailleurs, avec une inconséquence qui laisse rêveur. Mais ceci est une autre histoire…

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